« Dans un sens… ou dans l’autre » : de  l’importance des mots …

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Parlons  du mot « Dresser » en français ?

Dresser vient du latin directiare, donner une direction.

Le sens premier est donc élever, redresser, ériger.

Par extension, il a aussi été utilisé dans l’idée d’installer, de domestiquer, discipliner, dompter, former…

Alors, dresser ou éduquer ?

Comment en est-on arrivé aujourd’hui à confondre dresser et soumettre, mater, faire plier, faire céder ?

Par ailleurs, « se dresser contre » veut dire s’opposer, s’insurger, résister ; son sens contraire c’est « se coucher, se soumettre, obéir ».

Concernant les animaux, le « dressage », dans le dictionnaire de la langue française, c’est « l’action de dresser en vue d’habituer l’animal à faire ce que l’être humain attend de lui ».

Le terme est aussi utilisé dans le sens d’une « éducation très sévère ».

C’est encore « habituer un animal à effectuer un programme précis ».

Cela correspond en anglais à  « to train, training », au sens d’un entraînement.

Le « dressage » si l’on s’en tient à son sens technique d’origine concernant  l’animal fait référence à un dressage spécialisé.

Un dressage qui favorise des orientations comportementales particulières qui, chez le chien, ont pour objectif de mettre en œuvre  des modes de coopération bien précis et bien cadrés : garde, chasse, chien de troupeau, chien d’assistance, etc….

Dans ces cas précis, si l’on veut un résultat équilibré et fiable, ces formes de « dressage » nécessitent beaucoup de travail, mais jamais de violence, sous peine de bloquer les capacités d’apprentissage du chien.

Or, de plus en plus, le mot « dressage » est envisagé pour parler d’une éducation sévère avec obtention de la soumission du chien à la volonté de son maître ; plus que d’un ajustement favorable de la relation homme-chien.

C’est pourquoi il se différencie si nettement de la notion d’éducation en tant que construction d’un équilibre.

Prouver sa supériorité et se faire « obéir » est l’erreur que l’humain fait, sur une construction philosophique caduque qui prétend que l’homme doit dominer l’animal car il en serait ainsi le « maître », il serait son supérieur.

C’est ainsi qu’on en arrive à la définition de « se dresser les uns contre les autres » (l’homme est un loup pour l’homme), se dresser contre une idée, un principe.

Dans cette logique il n’y a aucun accord possible, seule la victoire compte, dans un monde de compétition, et non de coopération

L’autre, humain ou animal, DOIT capituler !

C’est la victoire du plus fort et la frustration de celui qui a dû capituler… (avec un risque de rébellion possible) !

On peut ainsi mieux comprendre les dérives de l’expression « je dresse » mon chien quand on veut à tout prix le faire obéir.

Car que signifie le faire obéir ?

  • Qu’il arrête un comportement que vous ne souhaitez pas ?
  • Ou qu’il fasse quelque chose que vous souhaitez ?

Si le chien « n’obéit pas », est-ce que cela signifie qu’il refuse votre « dressage » et qu’il doit par conséquent être « sanctionné » ? « puni » ?  

La question à se poser est plutôt :

QUAND et COMMENT le chien a-t-il véritablement pu comprendre l’action qui lui était demandée ?

Pour dresser, au sens étymologique du mot, il faut donc que l’humain sache dans quelle direction aller, et qu’il amène son animal à suivre cette direction avec une forme de consentement, et de confiance.

La problématique majeure en ce moment est que notre société ne tient plus compte de la progressivité de l’éducation du chiot par rapport aux étapes de développement de son espèce, ce qui induit de nombreuses erreurs éducatives, donc de conduites problématiques.

Le chien se retrouve donc puni à cause des erreurs éducatives des humains…

Le chat est un animal de compagnie chanceux… les humains ne cherchent pas à le « dresser » !  

Enfin, pas encore… Quoique…