Comment s’y retrouver en éducation canine ?

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Comment s’y retrouver en éducation canine ?

Aujourd’hui en France, faute de solutions éducatives cohérentes et adaptées, le nombre de chiens euthanasiés pour «motif comportemental» est en augmentation constante.

1 – État des lieux

Le comportement du chien et tout ce qui va autour (éducation, dressage, éthologie, zoo-psychiatrie du chien, protection animale, médiation animale, commercialisation de toutes sortes de produits, etc..) sont devenus à la mode, entrainant un énorme effet « marketing », allant bien souvent à l’encontre de l’avenir de la qualité durable de notre travail, en tant que vétérinaires praticiens. Les conséquences des débordements en cours, sont très importantes à connaître. En effet, si les vétérinaires praticiens ne font rien pour anticiper, cela peut devenir un véritable fléau dans notre société.

Les risques agressifs dont on parle tant, sont la partie émergée de l’iceberg.

Les morsures, même de la part de jeunes chiens, font partie des conséquences très fréquentes des erreurs éducatives. Elles menacent quotidiennement professionnels et particuliers.
Les euthanasies pour motif comportemental sont en augmentation, notamment à cause de l’agressivité de certains chiens. Les vétérinaires le font par perte de choix et par anticipation :
des risques agressifs actuels dans la vie quotidienne des propriétaires
des risques agressifs à venir pour le propriétaire d’un chien ayant déjà mordu, qui est censé contrôler des risques sans avoir eu d’explication claire sur la réalité des comportements de son chien et surtout sans avoir compris d’où viennent les erreurs éducatives.
des conséquences règlementaires et juridiques pour le propriétaire du chien et le professionnel qui en prend la charge.

Il est pourtant admis par nos instances professionnelles qu’un dé- calage important existe entre le nombre de morsures de chiens déclarées pour le suivi sanitaire concernant le risque rabique, et le nombre d’évaluations comportementales obligatoires pour les chiens ayant mordu. La différence se situe : dans le déni des causes de « l’accident » de morsure ou dans les abandons de chiens ou dans les euthanasies.

Les problèmes et troubles comportementaux des chiens sont issus de ce que les propriétaires, vos clients, ont appris ou com- posé à partir de vos indications sur l’éducation du chien, de celles d’autres intervenants, et en sus par internet.

Les propriétaires de chiens subissent donc de plein fouet le désordre et les désaccords existant entre les différentes approches comportementales en France (vétérinaires, « comportementalistes » de toutes sortes, éducateurs canins, « éthologues », « chuchoteurs », etc.).

Les familles, et surtout les enfants, sont actuellement souvent mis en danger, à la suite d’erreurs éducatives majeures et cumulées, déclinées et répétées par des professionnels. Ces familles ne reprendront sans doute pas de nouveau chien et décourageront sans doute leur entourage.

Or beaucoup de structures vétérinaires ne sont pas formées à identifier les véritables causes des problèmes et aux possibilités d’intervenir efficacement. Elles sont par contre formées à faire des diagnostics immédiats, à « vendre » ou à « donner » des solutions directes, qui elles-mêmes trop souvent induisent des problèmes supplémentaires, rapidement ou ultérieurement pour le chien et la famille. Elles ne sont pas formées non plus à identifier qui fait quoi dans leur secteur en matière d’éducation canine et de comportement. Pourtant, les conséquences de ce qui est fait avec un chiot vont émerger dans leur pratique quotidienne et pour toute de vie du chien.

2. Comment faire pour améliorer la situation ?

2.1. Comprendre les enjeux de l’éducation canine

Tout d’abord, situer les aspects concrets de l’activité de « comportement » et « d’éducation canine », permet de mieux comprendre les enjeux :

• La formation initiale et/ou spécialisée de chaque intervenant • Le statut (professionnel, bénévole)
• La nature du diplôme
• Le titre utilisé pour se présenter
• Les compétences théoriques et/ou pratiques
• La cohérence des compétences
• Le niveau de travail : prévention, rattrapage, rééducation, évalua- tion officielle
• La façon de procéder avec les propriétaires de chiens
• Les modes de communication et de publicité utilisés
• La nature des informations diffusées dans les familles et les effets induits
• Les techniques éducatives employées
• L’efficacité
• Les résultats réels, concrets et leur persistance sur la durée de vie du chien

Ensuite, connaître les différentes approches comportementales et leurs conséquences éducatives : Trois approches comportementales se sont superposées en France, sans cohérence entre elles, plutôt même en réaction les unes par rapport aux autres.

• L’approche « dressage canin »
• L’approche pathologiste et de la famille-meute,«zoo-psychiatrique»
• L’approche « éthologique » et les renforcements positifs

Toutes ces approches se sont progressivement professionnalisées, ce qui a ajouté des enjeux économiques et de concurrence.

Sur le terrain, les techniques d’éducation canine ont précédé ou suivi ces différentes approches en se mélangeant les unes aux autres. Faute de formations avisées et centrées sur les bénéfices pour le chien et sa famille humaine, le secteur de l’éducation ca- nine s’est décliné dans le désordre.

Depuis une vingtaine d’année, une quatrième approche s’est distinguée des trois autres par son parcours dédié à une véritable prévention. Il s’agit de l’approche écologique de la Conduite Accompagnée du Chien. Les familles y sont formées de façon pertinente. Les chiens peuvent devenir normaux dans les différents environnements de vie avec les humains. La promotion des chiens de compagnie agréables toute la vie, y est réalisée.

Si les vétérinaires ne veulent pas subir les conséquences des actions négatives des autres professionnels, il leur faut comprendre et connaître les aspects favorables et défavorables des différentes façons d’éduquer les chiens, les enjeux et les conséquences pour le chien et pour les familles.

Il est également essentiel pour l’avenir de notre profession que les vétérinaires soient en mesure d’identifier et d’analyser correctement toutes les sources des comportements agressifs, de les prendre en compte dans leur activité professionnelle et de les prévenir sans cumuler les erreurs éducatives. C’est un enjeu d’avenir et de sécurité.

2.2. Analyser les approches comportementales et les solutions éducatives existantes

2.2.1. L’approche « dressage canin»

Historique : Cette approche est la plus ancienne. Elle était surtout pratiquée en club canin associatif et est encore pratiquée couramment par des éducateurs de club bénévoles ou maintenant par des professionnels rémunérés par le client.

Les principes : Il n’y a pas d’évaluation du chien et de son environnement. Le contrôle du chien est réalisé par la surveillance systématique de celui-ci et par la répétition des « ordres ». « L’obéissance » cherche à être obtenue en premier lieu par une mécanisation sou- tenue, mais aussi par des techniques de soumission forcée.

Le terme « dressage » peut aussi être utilisé pour amener un chien vers un travail spécialisé (ex : chien de troupeau, de chasse, de pistage, etc…).

Les techniques éducatives sont très variables selon les éducateurs et selon les domaines concernés.

Les conséquences : Quand le résultat n’est pas obtenu, le dresseur ou le propriétaire insiste, fait plus, plus souvent, plus fort, des actions brutales et menaçantes : étranglement, « hélicoptère », secouage, boites à clous, spray menaçant, chaines, colliers électriques, etc…

2.2.2. L’approche pathologiste et de la famille-meute, « zoo-psychiatrique »

Historique : Cette approche a débuté à partir de la description de pathologies comportementales et de troubles du comportement.
De l’interprétation des comportements faite au niveau de l’ana- lyse, des solutions éducatives en découlent, comme par exemple, le traitement hiérarchique de la « sociopathie » du chien dans sa famille humaine considérée comme une meute.

Les principes : Il y a peu de recherche de la réalité des causes de l’évolution pathologique, ou des potentiels. Les solutions de re- cherche de soumission du chien sont prioritaires dans cette approche. Même si récemment au niveau du discours, les termes employés ont été un peu tempérés, les actions éducatives restent basées sur la régression sociale du chien par rapport aux membres de la famille.

Les conséquences :
• le propriétaire exerce une surveillance méfiante sur son chien
• Il utilise des postures dominantes, menaçantes et agressives à l’égard du chien
• Il doit utiliser la prise peau du cou en guise de punition.

Quand le résultat n’est pas obtenu :
• Le ton de voix « gueulard » doit être repris par tous les membres de la famille
• Le chien est mis à l’écart, voir rejeté, pire jeté

2.2.3. L’approche « éthologique » et les renforcements positifs

Historique : L’éthologie est une discipline ancienne d’observation et de description des comportements habituels d’une espèce animale dans son milieu de vie habituel.

Par contre « l’approche éthologique » du chien de compagnie est récente. Elle s’est développée à partir de certaines connaissances scientifiques. Ensuite au niveau pratique, les données issues de ces études ont été transformées pour interpréter et modifier la réalité des chiens et des familles sans tenir compte des conséquences péjoratives qui surviennent inévitablement pour l’avenir des chiens de compagnie. Dans la bonne intention de faire un chien normal selon cette approche, en réalité les chiens deviennent souvent pathologiques.

L’approche éthologique française s’est alliée avec des éducateurs canins travaillant sur des conditionnements positifs.

Les principes : Ils sont voisins du « dressage canin », en n’utilisant que les récompenses et les renforcements positifs, à priori pas les punitions.
Beaucoup de récompenses peuvent être distribuées sur ces chiens, en amont de l’apprentissage pour attirer et garder son attention vers le conducteur.

Conséquences : Il est fréquent que l’action souhaitée ne soit pas comprise ou assimilée par le chien.

On ne renforce pas toujours ce qu’il faut

• Le chien ne supporte souvent pas la frustration et/ou les contraintes
• Quand le chien, trop stimulé, devient insupportable, fait des bêtises, ne peut rester seul, il se retrouve quand même puni par les propriétaires !

Attention, un chien récompensé puis puni pour la même situation devient ambivalent dans sa communication, souvent méfiant, anxieux sur la durée et développant une agressivité imprévisible ou atypique (ces situations sont les plus à risque en clinique vétérinaire)

2.2.4. La Conduite Accompagnée du Chien

Historique : Le Dr Nathalie Simon, vétérinaire en activité médicale et spécialisée, a créé cette méthode dans le cadre d’un doctorat PhD en Sciences de l’éducation. Elle l’a fait évoluer, dans le but d’aider les vétérinaires à agir efficacement dans leurs structures.

Elle a étudié dans le détail, aussi bien au niveau scientifique que pratique, toutes les erreurs d’évaluation et de techniques éducatives, ainsi que leurs conséquences, repérées dans les trois ap- proches précédentes. Ainsi, cela a permis d’enlever point par point, tout ce qui était néfaste ou péjoratif en éducation pour les chiens et les humains.

La cohérence et la logique de la méthode structurent un ensemble au travers :

• des fondations à la fois théoriques et scientifiques (Sciences Animales et Sciences Humaines)
• des capacités d’évaluation très précises et complètes
• des techniques éducatives toujours pacifiques, structurées et en parfaite coordination avec l’évaluation des comportements.

Il s’agit d’une approche construite pour préserver l’équilibre comportemental du chien et former les propriétaires à être respectueux.
La méthode est faite pour évoluer selon les impératifs professionnels des vétérinaires et être utile dans tous les domaines où il y a des chiens (comme la protection animale et la médiation animale)

Cette approche respecte absolument la physiologie des chiots au cours de leurs étapes de développement et les 5 axes de l’équilibre comportemental.

Les principes :

Éviter simplement et efficacement :
• Les erreurs d’interprétation des comportements
• Les erreurs éducatives
• Les incohérences entre l’analyse des comportements et les solutions proposées
• La sur-stimulation du chien dans l’environnement matériel et social
• Les menaces
• La violence

Les conséquences :

• L’obtention de chiens normaux, agréables, adaptables, spontanément tranquilles, coopérants, obéissants, en harmonie avec leur famille et pouvant progresser tout au long de leur vie
• Des chiens plus faciles à soigner, donc une diminution des risques agressifs pour le vétérinaire
• La prévention des risques agressifs la plus aboutie, sans pour au- tant déstabiliser les propriétaires, ni les décourager d’acquérir un chien de compagnie par des consignes impossibles à réaliser
• La méthode sait faire participer les enfants en sécurité
• Elle permet d’entrer dans l’organisation de la famille avec son chien, de façon intelligente, personnalisée et modulable
• Respecte le bien-être du chien et les possibilités du propriétaire
• Implique et forme paisiblement le propriétaire qui devient acteur principal de l’éducation de son chiot
• Favorise la possession animale, en favorisant des comportements spontanément équilibrés chez le chien, en diminuant nettement les nuisances et les risques de toutes sortes
• Organise la connaissance en éducation précoce des chiots
• Prévoit le devenir des chiots selon les environnements : valeur pronostic forte

3. Identifier sur la durée les conséquences des préconisations à vos clients

Les structures vétérinaires doivent désormais faire très attention à la fois à leurs conseils, mais aussi à la sécurité de tous les intervenants autour du chien (eux-mêmes, les ASV, les propriétaires, les autres clients, les enfants des familles, etc…)

Pour cela, bien connaître les potentiels agressifs des chiens est essentiel.

3.1. Le potentiel agressif « classique »

Même s’il n’est pas forcément simple à prendre en compte en pratique de clientèle, le potentiel agressif « classique » est facilement identifiable :

• Aspects offensifs (en relation avec de la garde, de la protection)
• Aspects défensifs (en relation avec de la peur)
Les signes agressifs « classiques » des comportements des chiens sont aussi facilement identifiables :
• Agressivité: aboiements agressifs – grognement – menace – charge agressive
• Agression = Morsure

3.2. Le potentiel agressif « dangereux »

Le potentiel agressif est « dangereux » lorsqu’il y a des actions ou réactions impulsives et/ou imprévisibles. Il est dû au :
• Collier électrique
• Renforcement du mordant et des prises en gueule • Renforcement de l’agressivité par la maltraitance
• Dressage au mordant avec attaque

Le collier électrique détériore les neurones et la cognition du chien. Il rend les séquences comportementales du chien imprévisibles.

Il est URGENT d’interdire tout renforcement de l’agressivité et des agressions

3.3. Le potentiel agressif « sournois »

Ce potentiel est dangereux pour les vétérinaires et les ASV, qui ne savent pas l’identifier.

Il est dû à :
• La méfiance (peur + agressivité)
• La mémorisation de la peur : de la douleur ou de la menace
• La mémorisation de la maltraitance
• L’intolérance ou le refus de contrainte

4. La « Conduite Accompagnée du Chien » : formez-vous pour pérenniser votre clientèle et garantir de bonnes conditions de travail

La Conduite Accompagnée du Chien est une méthode qui a été créée par une vétérinaire confrontée au même quotidien que le vôtre. Cette méthode est faite pour vous et réalisable tout de suite dans votre clinique.

Vous obtenez rapidement des résultats favorables, et pouvez bénéficier du réseau.

Il y a 6 niveaux de formations pour progresser à votre rythme, avec une application auprès de votre clientèle dès le premier niveau de formation.

La Conduite Accompagnée du Chien, c’est aussi des outils pour vous accompagner : le Kit Prévention, Le Livret pratique comprenant notamment des exercices, et le logiciel « evaleha©» permet- tant tous types d’évaluations comportementales, quel que soit le niveau d’intervention.

Les vétérinaires formés améliorent leurs pratiques en clientèle, augmentent aussitôt leur potentiel de clients et travaillent en sécurité.

Nathalie SIMON : DIE Vétérinaire Comportementaliste et Dr PHD en Sciences de l’Éducation
Ateliers pratiques France Vet le 9 juin 2018

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2018-08-01T18:04:17+00:00